Les réponses des candidats
Nous publions ci-dessous les réponses des candidats aux élections municipales de Suresnes de mars 2008, suite à notre lettre ouverte sur le logement. Ces réponses, accompagnées d'une lettre ouverte aux paroissiens sur laquelle nous reviendrons prochainement, ont été publiées dans un numéro spécial d' "Eglise à Suresnes", que vous pouvez également télécharger en cliquant ici : N° spécial logement.
La réponse de Gisèle Cailloux, tête de liste « Tous ensemble à gauche pour Suresnes »
1. Quel est l’avenir du parc social à Suresnes ? Quels programmes de construction prévoyez-vous pour les années qui viennent ?
• La question n’est évidemment pas sans lien avec la politique nationale du logement : il manque 600.000 logements en France. Il faudrait construire 120.000 logements sociaux par an (soit environ 100/an pour Suresnes). On n’en construit que 39.000 mais plus de 55.000 sont détruits !
• L’effort de loyer ne devrait pas dépasser 20 % des ressources du ménage. • À Suresnes, depuis 25 ans, la ville a laissé les promoteurs construire beaucoup de logements chers pour très peu de logements sociaux, mais il y a 1800 demandeurs de logements. L’OPAC n’a construit que 200 logements en 23 ans. Le nombre d’attributions, de l’ordre d’une centaine par an, laisse peu d’espoir à tous ces mal-logés.
Il est choquant qu’au prétexte d’une diversité qui existe déjà, on accepte que des familles, des enfants soient privés d’un logement décent. Il faut rompre avec ces choix !
Il faut augmenter le parc actuel, récupérer les terrains libres, faire l’inventaire des îlots insalubres, acheter par préemption les immeubles qui se vendent, les reconstruire ou les rénover. La ville doit garder la maîtrise de ces terrains, ne plus les laisser aux promoteurs, et construire des logements sociaux. L’avenir du parc social doit impérativement être axé sur l’objectif que chaque famille ait un toit dans un délai raisonnable : 2 à 3 ans d’attente maximale et tout de suite pour les situations urgentes.
2. Quelles catégories de logements voulez-vous privilégier, pour quelle population ?
• Il faut construire 50 % de logement locatif social, des logements intermédiaires et de l’accession sociale aidée pour créer les conditions permettant aux locataires de libérer leur logement quand leurs revenus ont augmenté de façon notable. À de rares exceptions, il s’agit de locataires qui ne peuvent pas accéder aux loyers du secteur privé.
• Le locatif intermédiaire et l’accession sociale seraient prioritairement réservés aux suresnois libérant un logement de type HLM.
• Pour aider à libérer les grands logements, la souplesse dans l’attribution d’un nouveau logement et la réduction du loyer proportionnellement aux surfaces doit être la règle.
• Pas question donc de s’inscrire dans une contrainte, comme le propose M. Sarkozy avec le réexamen tous les 3 ans de la situation des locataires, ce qui revient de fait, à précariser le bail et à mettre un terme au « droit au maintien dans les lieux ». Si cette politique était mise en oeuvre à Suresnes, c’est 30 % de locataires qui risqueraient d’être chassés de leur logement, notamment nos anciens.
3. Que prévoyez-vous pour le logement des familles aux ressources les plus modestes et, plus spécifiquement, pour les familles pas ou peu solvable ?
• Si des gens sont en difficulté à la suite d’une perte d’emploi ou de salaires devenus insuffisants, il est exclu qu’ils puissent être expulsés du logement qu’ils occupent. Il faut donc donner des moyens suffisants aux services sociaux pour accompagner ces familles.
• Il existe déjà un parc d’une vingtaine de logements gérés par une association municipale : l’ASAL. Ces logements répondent en principe à ce genre de situation. Ils sont en nombre très insuffisants. Membre de cette commission, j’ai déjà demandé, sans succès, que l’on augmente ce parc. Chaque fois que nous devons décider d’une attribution, le choix est quasiment impossible, les situations dramatiques sont tellement nombreuses ! Je pense que très rapidement il faut atteindre, au moins, un patrimoine de cent logements.
• Il faut réquisitionner les logements vides depuis longtemps à l’exemple de l’immeuble place J.Jaurès
4. Souhaitez-vous poursuivre la vente de logements sociaux ? Si oui, dans quelles conditions et avec quelles limites éventuelles ? Prévoyez-vous de tenir compte de ces logements « perdus » pour le parc social dans le calcul des constructions à venir ?
Pas de vente, le patrimoine HLM doit garder sa vocation, y compris pour les ILN. C’est particulièrement vrai aux Cités Jardins où les loyers correspondent mieux aux ressources des
familles modestes contrairement aux constructions récentes bien plus, et bien trop, chères même après déduction de l’APL. Par contre, pour les locataires désireux d’accéder à la propriété, une
partie des nouveaux programmes doivent répondre à leurs attentes (voir réponse N°2).
La réponse de Christian Dupuy, tête de liste « Suresnes à l’unisson »
1. Quel est pour vous l’avenir du parc social à Suresnes ? Quels programmes de construction prévoyez-vous pour les années qui viennent ?
L’avenir du parc social à Suresnes, c’est, dans un premier temps, la construction d’environ 250 logements sociaux ou en accession sociale (soit 30 % du total) dans le périmètre de la ZAC Rivière Seine votée à l’unanimité du Conseil Municipal au mois de novembre 2007.
C’est également la réhabilitation, dans le cadre du contrat urbain de cohésion sociale signé avec l’Etat et le conseil général en 2007 (le premier C.U.C.S. signé en France), des 4 tours des Cités Unies ainsi que les 3 immeubles de la résidence Caron Jaurès.
C’est également la construction d’une résidence sociale de type pension de famille pour les personnes isolées en situation de détresse dans l’îlot Emile Duclaux, lequel comprendra une cinquantaine de logements sociaux et très sociaux.
En outre, l’OPAC de Suresnes prévoit la construction au minimum, d’une centaine de nouveaux logements sociaux et très sociaux, répartis dans différents quartiers.
2. Quelles catégories de logements voulez-vous privilégier, pour quelle population ?
Nous n’entendons favoriser aucune catégorie de logements en particulier.
Nous entendons poursuivre le développement d’un habitat diversifié et équilibré entre maisons individuelles et immeubles collectifs et entre les différents statuts d’habitat : accession libre, accession sociale, logements locatifs sociaux, très sociaux et intermédiaires pour que Suresnes ne devienne (pour reprendre votre propre comparaison) ni Neuilly ni Gennevilliers mais demeure une ville de mixité et d’équilibre.
3. Que prévoyez-vous pour le logement des familles aux ressources les plus modestes et, plus spécifiquement, pour les familles pas ou peu solvables ?
Nous comptons déjà un parc important de logements sociaux et très sociaux et souhaitons continuer à offrir des possibilités d’habitat à toutes les catégories sociales y compris les plus modestes, dans le parc ancien comme dans le neuf : logements très sociaux, d’insertion et résidence sociale (voir réponse à la question 1).
4. Souhaitez-vous poursuivre la vente de logements sociaux ? Si, oui, dans quelles conditions et avec quelles limites éventuelles ?
La vente de logements HLM à leurs locataires candidats à l’accession à la propriété ne concerne actuellement que la Cité Jardins, appartenant à l’Office Départemental d’HLM, et vise à atteindre notre but de non discrimination territoriale. En effet, la Cité Jardins comprend plus de 3.000 logements sociaux regroupés en un même site.
L’accession sociale au sein de ce quartier permettra de re-diversifier le statut d’habitat de cette partie de Suresnes et d’en revaloriser l’image auprès de ses propres habitants en réduisant le sentiment de « relégation » urbaine que certains d’entre eux ressentent. En tout état de cause, seuls environ 500 logements sont concernés à terme par la possibilité offerte à leurs locataires de devenir propriétaires.
Par ailleurs, il est prévu des programmes d’accession sociale dans le neuf (notamment dans la ZAC Rivière Seine) et la poursuite de la mise en vente des logements ILN de l’OPAC qui ne font pas partie intégrante du parc social à proprement parler puisqu’ils ne sont soumis légalement à aucun plafond de revenus des locataires (ils ne font pas partie des 39 % de logements sociaux comptabilisés à Suresnes).
Enfin, les constructions neuves sociales ou très sociales compenseront et au delà les ventes de logements sociaux réalisés au fur à mesure des cessions. Le produit de ces ventes contribuera à la part d’autofinancement par les bailleurs sociaux de leurs futurs programmes.
En conclusion, je voudrais indiquer que si toutes les communes d’Ile de France avaient une politique du logement à l’image de Suresnes, « la crise du logement » qui
est nationale et particulièrement aiguë en Ile de France, serait déjà jugulée. Ainsi, tous les programmes neufs ou de réhabilitation du parc ancien déjà réalisés ces dix ou quinze dernières
années à Suresnes, n’ont été possibles que grâce à l’engagement financier de la ville qui a versé, pour chacun d’entre eux, plus de subventions à elle seule que le total des subventions versées
par l’Etat, la Région et le Département.
La réponse de Xavier Iacovelli, tête de liste « Suresnes Terre d'avenir » (soutenue par le PS, les Verts, le PRG et le MRC)
1. Quel est pour vous l’avenir du Parc Social à Suresnes ?
Depuis 1983 le Maire diminue le taux de logements sociaux qu’Henri Sellier nous avait légué, alors que dans le même sens, le nombre de demandeurs et de dossiers augmentent (plus de 1800 familles).
Nous devons stopper la densification à outrance. Il nous faut repenser notre façon de construire, créer une véritable mixité sociale dans chaque nouvelle construction.
L’objectif est surtout de rénover et réhabiliter l’existant. Il faut chercher les logements vacants, la Municipalité a le pouvoir d’intervenir auprès des propriétaires pour proposer des contrats de location protégée (à l’image de Paris).
Avant de vouloir passer la barre des 50 000 habitants à tout prix, il faut d’abord se préoccuper de la situation des 44 500 Suresnois actuels.
Quels programmes de construction prévoyez-vous pour les années qui viennent ?
Nous nous engageons, dès notre élection, à réaliser une charte du logement à Suresnes, que chaque promoteur immobilier devra signer pour obtenir un permis de construire.
Dans cette charte, le cahier des charges sera strict et respecté. La ville attire les promoteurs immobilier, nous ne pouvons pas laisser construire sans avoir des règles claires et définies en terme d’urbanisme, de développement durable et de type de logement.
C’est pourquoi, nous imposerons dans chaque nouvelle construction privée, 30% de logements sociaux pour éviter les ghettos de HLM, et créer une véritable mixité sociale.
Nous imposerons aux promoteurs des règles écologiques et au moins 2 places de parking pour chaque appartement pour éviter le stationnement difficile en surface.
2. Quelles catégories de logements voulez-vous privilégier, pour quelle population ?
Nous privilégierons la construction de bâtiments de petites tailles (maximum 4 étages). Nous favoriserons l’implantation de commerces de proximité au rez-de-chaussée des bâtiments.
Prés de 80% des demandes de logements sont sur des surfaces de 1/2/3 pièces. Nous favoriserons donc le développement de ces surfaces de logements sans oublier la création de logements étudiants.
Nous assurerons une meilleure gestion et une transparence dans l’attribution des logements sociaux, pour éviter les dérives et les passes droits qui privent, trop souvent, les familles qui en ont réellement besoin.
Il nous faut investir dans les énergies renouvelables pour réduire les factures des locataires. Nous donnerons priorité à ces démarches avec un cahier des charges qui incitera, des toitures alternativement végétalisées et pourvues de panneaux photovoltaïques pour à la fois récupérer les eaux de pluies et fabriquer de l’électricité. Avoir une isolation efficace, des équipements électriques en basse consommation et favoriser le gaz à la place de l’électrique.
3. Que prévoyez-vous pour le logement des familles aux ressources les plus modestes et, plus spécifiquement, pour les familles pas ou peu solvables ?
Nous mettrons en place le « bouclier logement » qui bloquera les loyers à 25% des revenus du foyer.
Développer le nombre de logement de l’ASAL (qui permet de loger des familles en grandes précarités), car actuellement il n’y a que 25 logements alors que nombre de situation d’urgence justifieront l’attribution de ce type de logement.
Comme le fait Bertrand Delanoë à Paris nous prévoyions une caution municipale dans les appartements privés, pour aider les familles qui ne peuvent déposer une caution pour entrer dans un logement.
4. Souhaitez-vous poursuivre la vente de logements sociaux ? Si oui, dans quelles conditions et avec quelles limites éventuelles ?
Nous sommes favorables à l’accession à la propriété mais pas dans n’importe quelles conditions et certainement pas comme cela est fait par le Maire sortant.
Nous proposons une accession à la propriété par un système de coopérative, permettant de regrouper des familles aux revenus modestes, permettant de supprimer les marges des promoteurs.
